L’éthique médicale et ses fondements
Patrick VERSPIEREN
mardi 08 novembre 2011 au mardi 13 décembre 2011
de 19h30 à 21h30
de 19h30 à 21h30
REFERENCE M01C05
NOMBRE D'HEURES 12h
NIVEAU initiation
PRIX DU MODULE 107 € TTC
Cours magistral
L'éthique médicale française passe par une phase d'hésitation. Pour plusieurs raisons : une technicité croissante de la médecine, l'influence d'une école américaine de bioéthique souvent comprise de manière simpliste, l'évolution du droit, la montée de l'individualisme et une diminution de la confiance entre médecin et malade.
Un médecin ne peut plus requérir de son « patient » une confiance aveugle. Mais prendre le contre-pied de cette attitude, et prôner la prééminence d'un « principe d'autonomie » (ou « d'autodétermination ») du malade, consisterait à ne pas tenir compte de la spécificité de la situation de maladie.
La prise en compte de la vulnérabilité de la personne malade, et du besoin de celle-ci d'être soutenue dans sa lutte pour la guérison, a toujours été au centre de l'éthique médicale française et, plus largement, européenne. Des malades en confirment aujourd'hui le bienfondé. Mais il importe tout autant de faire place aux droits de la personne soignée, rappelés de façon de plus en plus précise par la législation française.
Dans cet esprit, sera proposée une réflexion sur le soin d'une personne malade et la souhaitable adhésion aux traitements, la responsabilité du soignant telle que nous la concevons en France, l'importance de la confiance mutuelle. Cela fera apparaître la pertinence du concept éthique proposé par Paul Ricoeur, le « pacte de soin ». Pacte initialement marqué par la dissymétrie entre celui qui sait et celui qui souffre, mais qui fait du premier un allié et non un maître.
C'est en prenant comme fondement une telle conception de l'expérience de la maladie et du soin que seront abordées les grandes questions qui se posent dans l'exercice de la médecine : l'information du malade, sa participation au choix du traitement, le secret médical, l'inclusion dans un programme de recherche.
Un médecin ne peut plus requérir de son « patient » une confiance aveugle. Mais prendre le contre-pied de cette attitude, et prôner la prééminence d'un « principe d'autonomie » (ou « d'autodétermination ») du malade, consisterait à ne pas tenir compte de la spécificité de la situation de maladie.
La prise en compte de la vulnérabilité de la personne malade, et du besoin de celle-ci d'être soutenue dans sa lutte pour la guérison, a toujours été au centre de l'éthique médicale française et, plus largement, européenne. Des malades en confirment aujourd'hui le bienfondé. Mais il importe tout autant de faire place aux droits de la personne soignée, rappelés de façon de plus en plus précise par la législation française.
Dans cet esprit, sera proposée une réflexion sur le soin d'une personne malade et la souhaitable adhésion aux traitements, la responsabilité du soignant telle que nous la concevons en France, l'importance de la confiance mutuelle. Cela fera apparaître la pertinence du concept éthique proposé par Paul Ricoeur, le « pacte de soin ». Pacte initialement marqué par la dissymétrie entre celui qui sait et celui qui souffre, mais qui fait du premier un allié et non un maître.
C'est en prenant comme fondement une telle conception de l'expérience de la maladie et du soin que seront abordées les grandes questions qui se posent dans l'exercice de la médecine : l'information du malade, sa participation au choix du traitement, le secret médical, l'inclusion dans un programme de recherche.
Eléments bibliographiques
- P. RICOEUR, Les trois niveaux du jugement médical, dans P. Kemp (dir.), Le discours bioéthique, Cerf, 2004, p. 35-49.
- P. VERSPIEREN, Malade et médecin, partenaires, Études, janvier 2005, p. 27-38.
- Dossier « Les nouvelles figures du soin », Esprit, janvier 2006, p. 77-156.
- C. MARIN, Violences de la maladie, violence de la vie, Armand Colin, 2008.
- L. BENAROYO, C. LEFÈVE, J.-C. MINO, F. WORMS (dir.), La philosophie du soin, PUF, 2010.
- P. VERSPIEREN et M.-S. RICHARD (dir.), Grandeur et leurres de l'autonomie. Pour une prise en compte de la vulnérabilité, Médiasèvres, n° 156, 2010.
