Le « don » d’organes. Remises en cause et nouvelles perspectives

Patrick VERSPIEREN

samedi 17 mars 2012
de 9h30 à 12h30 et de 14h à 17h
REFERENCE M01J01
NOMBRE D'HEURES 6h
NIVEAU initiation
PRIX DU MODULE 57 € TTC
Cours magistral
Les indications de greffes d'organes deviennent de plus en plus nombreuses, mais les prélèvements n'augmentent pas aussi rapidement, et les listes d'attente s'allongent. En même temps, si le « don » d'organes fait l'objet d'une certaine publicité, la plupart des médias gardent le silence sur les problèmes posés par les prélèvements. Ce n'est pas sain, et laisse la population à la merci de révélations faites de façon impromptue, qui pourraient susciter anxiété ou opposition aux prélèvements. C'est sur ces questions rarement abordées en public que portera la Journée organisée au Centre Sèvres.
Dans le constat de la mort avant prélèvement, deux exigences s'opposent, celle de prendre toutes les précautions nécessaires pour s'assurer du décès, et celle de ne pas tarder, de manière à prélever des organes encore fonctionnels. Un critère avait été reconnu presque universellement, celui de l'état de « mort encéphalique » chez des personnes ventilées artificiellement. Ce critère ayant été mis en cause par des philosophes et des médecins, il importe d'examiner leurs arguments et la validité de ceux-ci.
Certains pays ont largement développé une autre modalité de constat de la mort, sur des personnes « décédées après arrêt cardiaque ». Le manque persistant de greffons a conduit à introduire cette pratique en France, très discrètement, presque clandestinement. Il y a lieu de s'interroger sur les conditions d'acceptabilité éthique de cette pratique, en ce qui concerne les traitements auxquels les patients ont droit avant d'être déclarés décédés, la prise en compte de leur volonté antérieurement exprimée, la relation avec la famille et l'information de la population sur cette pratique à laquelle chacun est présumé consentir s'il n'a pas exprimé de son vivant son opposition.
Cette notion de « consentement présumé » est un des éléments qui conduisent à remettre en cause la notion de « don » d'organe après la mort. On étudiera donc avec soin, pendant la Journée, des extraits du livre de Philippe Steiner qui voit dans la greffe d'organe post-mortem une forme de solidarité où la famille a un rôle central, et dans l'emploi insistant du terme « donneur » une manière de masquer ce rôle et de marginaliser la famille.
Ces questions seront abordées dans des exposés et des travaux sur textes. Une large place sera faite aux échanges et débats.
Eléments bibliographiques
  • Ph. STEINER, La transplantation d'organes. Un commerce nouveau entre les êtres humains, Gallimard, 2010.
  • Le prélèvement d'organes sur personne décédée, Laennec, 2010, n° 4.