Le saint-siège dans les relations internationales

Henri MADELIN

jeudi 01 mars 2012 au jeudi 22 mars 2012
de 19h30 à 21h30
REFERENCE U01C13
NOMBRE D'HEURES 8h
NIVEAU initiation
PRIX DU MODULE 74 € TTC
Cours magistral
La diplomatie vaticane a connu une révolution avec l'effondrement du pouvoir temporel du pape, quand l'Italie a réalisé son unité en 1870. Il faudra attendre les accords du Latran, signés entre l'Italie et le Saint-Siège le 11 février 1929, pour que s'ouvre une nouvelle ère dont nous sommes les héritiers actuels. Le Vatican abandonne le jeu de la compétition entre états souverains. Ce qui a été imposé jadis sous la contrainte politique se change en outil pour le service des libertés publiques de tous les peuples du monde.
L'article 2 du traité du Latran permet la création de l'état de la Cité du Vatican et « reconnaît la souveraineté du Saint-Siège » sur cet état atypique. Le gouvernement italien, de son côté, a pour unique fonction contractuelle, celle de « garantir » l'intégrité territoriale d'un état qui ne règne que sur 44 hectares. Cette infime souveraineté temporelle est là pour assurer que l'église catholique possède, sur un espace terrestre, le minimum d'enracinement qui lui est nécessaire pour déployer « sa mission spirituelle » en tout lieu du monde. Dans son discours à l'ONU, le 4 octobre 1965, Paul VI en a tiré la leçon. Devant les représentants de toutes les nations de la terre, le pape ne se dit « investi que d'une minuscule et quasi symbolique souveraineté temporelle : le minimum nécessaire pour être libre d'exercer sa mission spirituelle et assurer ceux qui traitent avec lui qu'il est indépendant de toute souveraineté de ce monde ».
Dotée du réseau planétaire de ses nonciatures, la diplomatie du Saint-Siège entend oeuvrer efficacement dans le concert international pour y imprimer sa marque propre.
Au service de la paix et de la justice dans le monde comme on l'a noté au moment du conflit irakien, en s'appuyant sur le corpus des textes de Vatican II et les grandes encycliques sociales des derniers papes, présent dans les grandes agences et les instances planétaires, le Saint-Siège met en oeuvre les recommandations de la Déclaration sur la Liberté religieuse et profite des effets surprenants des accords d'Helsinki sur l'importance des religions dans le monde et sur leur place au sein des diverses cultures de notre planète. Dans ce travail d'analyse et de jugement, nous n'oublierons pas de nous arrêter un moment sur la façon dont les questions environnementales et les changements climatiques sont traités par les organes diplomatiques de l'église catholique romaine.
Eléments bibliographiques
  • B. LECOMTE, Les secrets du Vatican, Perrin, 2009, 390 p.
  •  J.-M. MEURICE, Préface d'Henri Madelin : Le vrai pouvoir du Vatican, Albin Michel, ARTE éditions, 2011, 232 p., DDV 109 min.
  • M. MERLE, Les acteurs dans les relations internationales, Economica, 1986, 202 p.  
  • M. MERLE, Ch. DE MONTCLOS, L'église catholique et les relations internationales, « église et Société », Le Centurion, 1988, 244 p.
  • J. NOBECOURT, Le « Vicaire » et l'histoire, Seuil, 384 p.  H. WOLF, Le pape et le diable, CNRS éditions, 2009, 342 p.