Aux origines du fondamentalisme musulman - ibn taymiyya (XIIIe - XIVe siècle) et son influence
Laurent BASANESE
jeudi 05 janvier 2012 au jeudi 09 février 2012
de 19h30 à 21h30
de 19h30 à 21h30
REFERENCE R01C01
NOMBRE D'HEURES 12h
NIVEAU initiation
PRIX DU MODULE 107 € TTC
Cours magistral
Ibn Taymiyya (1263-1328) est un des docteurs classiques de l'islam les plus lus aujourd'hui parmi les Musulmans ; il est, de fait, une très haute figure du hanbalisme, école juridique du sunnisme qui connaît un fort rayonnement aujourd'hui grâce aux Wahhabites d'Arabie saoudite. Cet écrivain prolifique est souvent connu pour son adhésion stricte au Coran et à la Sunna, mais surtout pour ses polémiques contre la théologie du kalam, la logique aristotélicienne, la philosophie avicennienne, les croyances des Shi'ites, le soufisme rationalisant d'Ibn Arab, et la théologie chrétienne. Son oeuvre couvre l'ensemble des sciences musulmanes, des études coraniques à la jurisprudence, en passant par la philosophie, la réfutation des autres confessions religieuses, et la politique. Mais ce qui rend sa pensée séduisante est qu'elle se présente comme un immense effort de présentation du credo musulman, sans minimiser sa dimension spirituelle effective aux plans individuels et communautaires.
La réaction ultra-sunnite à laquelle il s'apparente, la recrudescence à l'époque des invasions mongoles de la xénophobie confessionnelle ont entraîné Ibn Taymiyya à enseigner une conception totalitaire de la communauté, et à envisager une réduction, voire une disparition à terme des minorités présentes dans l'empire musulman, car elles sont perçues comme un danger pour le dogme et la pratique de l'islam.
De nos jours, dans le sillage d'Ibn Taymiyya, certains comme le Pakistanais Sayyid Abu al-Ala al-Mawdud (1903-1979), l'idéologue islamiste moderne par excellence, l'égyptien Sayyid Qutb (1906-1966), militant des Frères musulmans, ou d'autres partisans de l'islam radical, affirmeront que les Occidentaux sont pires que les Mongols parce qu'ils ont détruit la civilisation musulmane sur les plans intellectuels et politiques. Et dans la mesure où l'islam ne peut accepter que l'islam, il n'est pas question de parler de tolérance.
Une connaissance minimale de l'histoire et des doctrines musulmanes est demandée pour une assistance fructueuse à ce cours.
La réaction ultra-sunnite à laquelle il s'apparente, la recrudescence à l'époque des invasions mongoles de la xénophobie confessionnelle ont entraîné Ibn Taymiyya à enseigner une conception totalitaire de la communauté, et à envisager une réduction, voire une disparition à terme des minorités présentes dans l'empire musulman, car elles sont perçues comme un danger pour le dogme et la pratique de l'islam.
De nos jours, dans le sillage d'Ibn Taymiyya, certains comme le Pakistanais Sayyid Abu al-Ala al-Mawdud (1903-1979), l'idéologue islamiste moderne par excellence, l'égyptien Sayyid Qutb (1906-1966), militant des Frères musulmans, ou d'autres partisans de l'islam radical, affirmeront que les Occidentaux sont pires que les Mongols parce qu'ils ont détruit la civilisation musulmane sur les plans intellectuels et politiques. Et dans la mesure où l'islam ne peut accepter que l'islam, il n'est pas question de parler de tolérance.
Une connaissance minimale de l'histoire et des doctrines musulmanes est demandée pour une assistance fructueuse à ce cours.
Eléments bibliographiques
- H. GODDARD, Muslim perceptions of christianity, London, Grey Seal, 1996.
- H. LAOUST, Essai sur les doctrines sociales et politiques de Tak d-dn Ahmad b. Taimya, Le Caire, Imprimerie de l'Institut français d'archéologie orientale,1939.
- A. MEDDEB, La maladie de l'islam, Paris, Seuil, 2002.
- A. MORABIA, « Ibn Taymiyya, dernier grand théoricien du ihad médiéval », in Bulletin d'études orientales, XXX, 1978, p. 85-100.
