Des vivants et des morts : penser les droits de l’homme à partir de l’Afrique
Patrick YENGO
mercredi 09 novembre 2011 au mercredi 14 décembre 2011
de 14h30 à 16h30
de 14h30 à 16h30
REFERENCE R01C13
NOMBRE D'HEURES 12h
NIVEAU initiation
PRIX DU MODULE 107 € TTC
Cours magistral
L'actualité du débat sur l'euthanasie a relancé la question de la mort en orientant la réflexion vers la séquence ante mortem (l'assistance des mourants) ou le passage vers la mort (droit à une mort décente) plutôt que vers la période post-mortem. Et lorsque cette dernière vient à s'immiscer dans le débat, elle revient toujours à l'appréhender sous les traits du changement dans le marquage funéraire (pratique de la crémation par exemple) mais jamais en termes de droit du mort. Cependant, au moment où ces changements bouleversent les modes d'inscription territoriale de la dépouille rencontrant de nouvelles pratiques funéraires aux rituels de plus en plus subjectifs, peut-on décemment faire l'économie de la question du statut juridique du mort ? Poser cette question, c'est faire d'abord le constat qu'il n'est plus d'espace de la vie sociale qui ne soit occupé désormais par le Droit et particulièrement les droits humains. En effet, avec l'évolution récente qui a conduit à poser la question du genre, de l'identité sexuelle, de l'enfant et plus récemment celle de l'embryon, le Droit quitte le champ de l'existence réelle pour s'attacher aux questions d'avant la naissance, d'avant la vie en communauté. Pourquoi n'en serait-il pas de même pour après la vie ? C'est ensuite rendre justice à l'Humanité de chaque être humain, la restituer à la communauté des vivants au-delà des dérives de l'individu. Il s'agit donc de contribuer à une anthropologie politique du droit de chacun à une sépulture décente qui, au-delà des pratiques funéraires ou du statut juridique du cadavre, pose celui d'une humanité où l'individu, dans ses errements et même privé de droits, n'en est pas moins une personne humaine avec ses droits. Car la sépulture, en, accueillant le réel d'un corps mort dont elle garde la trace du passage, permet la symbolisation de la disparition. Perdure à travers la sépulture le lien entre celui qui est parti et ceux qui restent. Le vide social laissé par le défunt est symbolisé par sa sépulture qui nous rappelle qu'avant la tombe il y a eu du vivant et que ce vivant est consubstantiel du lien social.
Et c'est à la restitution de la parole du mort que l'anthropologie juridique nous convie en discutant, à partir de l'Afrique, une autre philosophie des droits de l'Homme à laquelle ce continent peut prendre une grande part en faisant du rapport à la mort le fondement légitime et psychique de la paix des vivants. La mise en oeuvre d'une telle approche des droits de l'humain dont la portée est symbolique autant que politique est une incitation à repenser la vie autrement que comme un purgatoire existentiel dans lequel les états autoritaires se complaisent à maintenir leurs peuples.
Et c'est à la restitution de la parole du mort que l'anthropologie juridique nous convie en discutant, à partir de l'Afrique, une autre philosophie des droits de l'Homme à laquelle ce continent peut prendre une grande part en faisant du rapport à la mort le fondement légitime et psychique de la paix des vivants. La mise en oeuvre d'une telle approche des droits de l'humain dont la portée est symbolique autant que politique est une incitation à repenser la vie autrement que comme un purgatoire existentiel dans lequel les états autoritaires se complaisent à maintenir leurs peuples.
