La voie du renoncement dans les philosophies de l’Inde
Marc BALLANFAT
vendredi 09 décembre 2011 au vendredi 27 janvier 2012
de 14h30 à 16h30
de 14h30 à 16h30
REFERENCE R01C08
NOMBRE D'HEURES 12h
NIVEAU initiation
PRIX DU MODULE 107 € TTC
Cours magistral
L'image est bien connue : un ascète se tient assis, les jambes en tailleur, immobile, les yeux fermés, dans l'attitude du méditant. C'est ainsi que l'Occident se représente le philosophe indien, sous l'apparence du renonçant. Or, il y a assurément une vérité dans ce tableau, à condition d'en préciser les contours.
Il s'agit d'abord de comprendre que le renoncement revêt en général une double signification, négative en ce sens qu'il n'y a pas de renoncement sans abandon, perte et disparition, mais positive dans la mesure où celui qui renonce « annonce en retour» qu'il a trouvé une nouvelle voie dans l'existence. Le renoncement se comprend ainsi selon cette double approche, laquelle seule lui procure sa véritable valeur d'engagement personnel. Cela se vérifie en particulier dans les philosophies de l'Inde, quand on sait qu'elles oeuvrent pour libérer l'être humain des illusions de toutes sortes, de la force des affects et de la misère, autant morale qu'intellectuelle.
Le philosophe, littéralement « celui qui désire se délivrer », doit, dans un premier temps, renoncer à ce qui lui tient le plus à coeur, à ce double qu'il ne cesse de projeter au-devant de soi et auquel il s'identifie si spontanément : son moi. Là se situe l'obstacle principal que l'aspirant-philosophe doit contourner, comme le bateau contourne l'écueil en mer qui peut le faire sombrer. En vérité, philosopher sans avoir mis le moi de côté, cela n'a pas davantage de sens que désirer écouter une musique au milieu du vacarme de la rue. Il faut faire silence en soi.
Il s'agit d'abord de comprendre que le renoncement revêt en général une double signification, négative en ce sens qu'il n'y a pas de renoncement sans abandon, perte et disparition, mais positive dans la mesure où celui qui renonce « annonce en retour» qu'il a trouvé une nouvelle voie dans l'existence. Le renoncement se comprend ainsi selon cette double approche, laquelle seule lui procure sa véritable valeur d'engagement personnel. Cela se vérifie en particulier dans les philosophies de l'Inde, quand on sait qu'elles oeuvrent pour libérer l'être humain des illusions de toutes sortes, de la force des affects et de la misère, autant morale qu'intellectuelle.
Le philosophe, littéralement « celui qui désire se délivrer », doit, dans un premier temps, renoncer à ce qui lui tient le plus à coeur, à ce double qu'il ne cesse de projeter au-devant de soi et auquel il s'identifie si spontanément : son moi. Là se situe l'obstacle principal que l'aspirant-philosophe doit contourner, comme le bateau contourne l'écueil en mer qui peut le faire sombrer. En vérité, philosopher sans avoir mis le moi de côté, cela n'a pas davantage de sens que désirer écouter une musique au milieu du vacarme de la rue. Il faut faire silence en soi.
Alors seulement s'ouvre le second temps du renoncement : on annonce au monde qu'une autre existence est possible. Une fois délivré du fardeau de l'ego, l'ascète indien approfondit la conscience qu'il a du monde et de soi, non pour s'en démarquer, mais pour mieux comprendre ce qui le relie à ce tout vivant auquel il appartient. Pour le dire simplement : il y a, au coeur des choses et des êtres, une seule et même réalité, que les philosophies indiennes nomment âtman, « soi, conscience ». La découvrir, c'est réaliser le renoncement en son sens ultime.
