De l’amour que (faut-il) penser ? Ferry, Badiou, Bruckner, Hadjadj, Marion... un essai de discernement
François MARXER
mardi 29 novembre 2011 au mardi 31 janvier 2012
de 14h30 à 16h30
de 14h30 à 16h30
REFERENCE S01C03
NOMBRE D'HEURES 14h
NIVEAU initiation
PRIX DU MODULE 123 € TTC
Cours magistral
Dans une étonnante unanimité, les philosophes, et non des moindres, se sont emparés, ces derniers mois, de la question de l'amour et attachés à nous livrer leurs réflexions et convictions : à l'optimisme généreux de Luc Ferry (La Révolution de l'amour, Pour une spiritualité laïque, Plon, 2010) répondait le réalisme mesuré de Pascal Bruckner (Le paradoxe amoureux et Le mariage d'amour a-t-il échoué ?, Grasset, 2010), cependant que Serge Hefez (Scènes de la vie conjugale, Fayard, 2010) rappelait que faire couple était ce qui, de nos jours, faisait difficulté : le constat contre l'utopie ? Plus inattendu dans ce domaine, Alain Badiou, chantre de la gauche extrême (Éloge de l'amour, Flammarion, 2009), alors que le juvénile enthousiasme de Fabrice Hadjajd (La profondeur des sexes, Seuil, 2008) revigore une opinion catholique déboussolée par le carrousel des valeurs, où désormais l'amour aura pris une place de choix, sympathiquement plébiscitée, minée toutefois par la prudence agnostique de Fabrice Midal (Et si de l'amour on ne savait rien, Albin Michel, 2010).
Mais l'amour (n')est-il (qu') une valeur ? N'est-il pas avant tout émotion ainsi disait Bergson, comme le rappelle Antony Feneuil (Bergson, Mystique et philosophie, PUF, 2011) , et donc expérience, ce qu'avaient sondé en leur temps Anders Nygren (Éros et Agapé, Aubier, 1944-1952, rééd., Cerf, 2010), Denys de Rougemont (L'Amour et l'Occident, Plon, 1939, éd. définitive, 1972 et Comme toi-même. Essai sur les mythes de l'amour, Albin Michel, 1961) et Pierre Rousselot (Pour l'histoire du problème de l'amour au Moyen-Âge [1908], Vrin reprint, 1984), tous trois analysés par Lacan ?
Mais l'amour (n')est-il (qu') une valeur ? N'est-il pas avant tout émotion ainsi disait Bergson, comme le rappelle Antony Feneuil (Bergson, Mystique et philosophie, PUF, 2011) , et donc expérience, ce qu'avaient sondé en leur temps Anders Nygren (Éros et Agapé, Aubier, 1944-1952, rééd., Cerf, 2010), Denys de Rougemont (L'Amour et l'Occident, Plon, 1939, éd. définitive, 1972 et Comme toi-même. Essai sur les mythes de l'amour, Albin Michel, 1961) et Pierre Rousselot (Pour l'histoire du problème de l'amour au Moyen-Âge [1908], Vrin reprint, 1984), tous trois analysés par Lacan ?
Voilà qui nous assigne à revenir sur le terrain d'une bonne philosophie, riche de promesses spirituelles : Nicolas Grimaldi (Métamorphose de l'amour, Grasset, 2010) et Richard Precht (Amour, déconstruction d'un sentiment, Belfond, 2011), incisifs comme jamais, sans oublier Le Phénomène érotique de Jean-Luc Marion (Grasset, 2003), à pondérer par le thomisme ouvert et intelligent de Josef Pieper (De l'amour, Ad Solem, 2010) et d'emmanuel Tourpe (L'être et l'amour, Un itinéraire métaphysique, Lessius, 2010). Aurions-nous oublié la littérature, Alain Besançon (Cinq personnages en quête d'amour, de Fallois, 2010) et Martha Nussbaum (La connaissance de l'amour, Cerf, 2010) auront eu la sagesse de nous reconduire à cette source primordiale d'intelligibilité toujours vive, des origines bibliques à notre (post-) modernité.
