La décision morale : obligation et liberté
Laurent GALLOIS
vendredi 01 octobre 2010 au vendredi 28 janvier 2011
de 17h à 19h sauf le 17 décembre
de 17h à 19h sauf le 17 décembre
REFERENCE P11C08
NOMBRE D'HEURES 28h
NIVEAU 1
PRIX DU MODULE 232 € TTC
Cours magistral
La question, que dois-je faire pour bien faire, pour éviter de mal faire ?, se pose à quiconque veut se décider et vivre selon les chemins d'une existence morale.
Cette question se formule en je. Le je doit en effet pouvoir répondre en vue d'un faire qui soit un bien faire, d'un faire qui soit un éviter de mal faire. C'est ici en appeler à une instance, à l'oeuvre dans la personne elle-même, que l'on peut désigner comme conscience ou comme raison suivant les écoles philosophiques : instance qui examine et délibère en vue d'une décision voulue comme morale. Et si elle délibère, c'est qu'il y a un travail de liberté dans ce qui engendre la décision comme réponse à la question morale.
Cette personne qui réfléchit et délibère ne peut pas le faire au mépris de soi. Mais elle ne peut pas non plus réfléchir et délibérer au mépris de son appartenance à un groupe d'hommes, à une société, à une communauté politique, au mépris de l'époque où elle se trouve et de l'histoire qui la précède. La délibération doit alors intégrer ce qui ne relève pas de la personne seule dans l'exercice de sa liberté. C'est ce que vient signifier, en particulier, le verbe devoir dans la formulation-même de la question morale. Le devoir, en effet, vient rappeler, dans le travail de la conscience, ce qui oblige intérieurement à l'égard de soi-même comme à l'égard d'autrui. Mais le devoir vient inscrire, dans le travail de la raison, ce qui oblige extérieurement à l'égard de l'autre comme à l'égard de soi. or à l'obligation, tant interne qu'externe, se lie la notion de loi ou la notion de norme.
si l'obligation est délivrée par une loi, alors de quelle loi s'agit-il ? Comment est-elle donnée ? Qu'est-ce qui la fonde ? Est-elle de l'ordre d'une loi immuable ou varie-t-elle au gré du temps et des circonstances ? Et si l'obligation procède de normes, comment sont-elles mises au jour ou d'où viennent-elles ? De toute façon, qu'une loi l'énonce ou que des normes la conditionnent, l'obligation s'invitera dans la délibération du sujet qui veut se décider moralement et assignera la liberté du sujet à composer avec elle. Liberté et obligation se rencontrent ainsi inévitablement dans la décision, en chaque instant de sa vie, de quiconque entend ne pas échapper à sa condition de sujet moral : en vue de bien faire, d'éviter de mal faire. Le cours examinera chacun de ces aspects, en passant par les grands moments de la tradition philosophique.
Cette question se formule en je. Le je doit en effet pouvoir répondre en vue d'un faire qui soit un bien faire, d'un faire qui soit un éviter de mal faire. C'est ici en appeler à une instance, à l'oeuvre dans la personne elle-même, que l'on peut désigner comme conscience ou comme raison suivant les écoles philosophiques : instance qui examine et délibère en vue d'une décision voulue comme morale. Et si elle délibère, c'est qu'il y a un travail de liberté dans ce qui engendre la décision comme réponse à la question morale.
Cette personne qui réfléchit et délibère ne peut pas le faire au mépris de soi. Mais elle ne peut pas non plus réfléchir et délibérer au mépris de son appartenance à un groupe d'hommes, à une société, à une communauté politique, au mépris de l'époque où elle se trouve et de l'histoire qui la précède. La délibération doit alors intégrer ce qui ne relève pas de la personne seule dans l'exercice de sa liberté. C'est ce que vient signifier, en particulier, le verbe devoir dans la formulation-même de la question morale. Le devoir, en effet, vient rappeler, dans le travail de la conscience, ce qui oblige intérieurement à l'égard de soi-même comme à l'égard d'autrui. Mais le devoir vient inscrire, dans le travail de la raison, ce qui oblige extérieurement à l'égard de l'autre comme à l'égard de soi. or à l'obligation, tant interne qu'externe, se lie la notion de loi ou la notion de norme.
si l'obligation est délivrée par une loi, alors de quelle loi s'agit-il ? Comment est-elle donnée ? Qu'est-ce qui la fonde ? Est-elle de l'ordre d'une loi immuable ou varie-t-elle au gré du temps et des circonstances ? Et si l'obligation procède de normes, comment sont-elles mises au jour ou d'où viennent-elles ? De toute façon, qu'une loi l'énonce ou que des normes la conditionnent, l'obligation s'invitera dans la délibération du sujet qui veut se décider moralement et assignera la liberté du sujet à composer avec elle. Liberté et obligation se rencontrent ainsi inévitablement dans la décision, en chaque instant de sa vie, de quiconque entend ne pas échapper à sa condition de sujet moral : en vue de bien faire, d'éviter de mal faire. Le cours examinera chacun de ces aspects, en passant par les grands moments de la tradition philosophique.
Eléments bibliographiques
- M. Canto-Sperber, L'inquiétude morale et la vie humaine, PUF, 2001.
- O. Höffe, Petit dictionnaire d'éthique, Cerf, 1993.
- P. Valadier, éloge de la conscience, seuil, 1994.
