Histoire de la spiritualité chrétienne : le temps des origines et des fondations (IVe- XIIe siècles)
François MARXER
vendredi 02 mars 2012 au vendredi 20 avril 2012
de 14h30 à 16h30
de 14h30 à 16h30
REFERENCE S11C03
NOMBRE D'HEURES 14h
NIVEAU initiation
PRIX DU MODULE 123 € TTC
Cours magistral
Comme Michel Foucault l’a montré, la “spiritualité” est un souci de l’Antiquité, souci d’une construction de soi.
Au IVe siècle, est-ce la nostalgie de l’héroïsme des témoins mémorables, les martyrs ? l’on veut soutenir par d’autres voies (extrêmes) la même exigence de perfection. Dans l’épreuve du désert s’édifie la figure du « saint homme », médiateur et concentré du divin, concurrent d’un paganisme toujours foisonnant. l’expérience prend forme et se pense avec Évagre et Cassien, et s’envisage comme union à Dieu : Denys, Grégoire de Nysse, Augustin relèvent ainsi le défi de la mystique platonicienne. Grégoire le Grand assure la transition courageuse au sein d’un Moyen-Âge balbutiant et troublé, où la voie monastique capitalise l’excellence du projet de vie et l’admiration d’un laïcat qui, cependant, revendique l’accès à une même perfection autant qu’à la Parole du Dieu vivant : d’abord dans l’élite aristocratique, puis dans les milieux populaires, au risque de l’enthousiasme et de l’hérésie. les croisades seront une première réponse, cependant que le monachisme s’invente de nouvelles formes plus radicales : Cluny et Cîteaux avec Bernard de Clairvaux et Guillaume de Saint-Thierry. Or le XIIe siècle voit le surgissement des villes et d’une catégorie nouvelle : la bourgeoisie qui, elle aussi, piétine aux portes de la sainteté évangélique. François le Poverello n’est pas loin.
Eléments bibliographiques
- A. VAUChEZ, La Spiritualité du Moyen-Âge occidental (VIIIe-XIIe siècles), Seuil, 1975.
- R. FOSSIER, Le Moyen-Âge, 3 vol., Armand Collin, 1982-1983.
