A peine une douzaine de films entre 1941 et 1960, une trop brève carrière après dix ans d’assistanat avec Renoir ; Becker occupe une place privilégiée dans l’histoire du cinéma français.
Pas seulement parce qu’il est l’auteur de Casque d’or, pas seulement parce qu’il constituerait le maillon entre Renoir et Truffaut. Mais parce que revoir chacun de ses films aujourd’hui nous fait mesurer ce qu’il a apporté à ses contemporains, et ce que nous avons peut-être perdu depuis.
D’abord une relation avec le spectateur, ni hautaine ni démagogique, mais toujours élégante et respectueuse.
Voilà un cinéaste dont le premier souci est d’être clair, précis, donc compris. Tout ce qu’il met dans l’écran – jusqu’au moindre détail – doit nourrir le récit, et plus encore notre rencontre, notre rapport avec les personnages. Autour du personnage, il construit un environnement où celui-ci doit s’intégrer, un milieu où il doit trouver sa place. être ensemble, vivre avec, ou sans, ou contre, c’est la grande affaire – amour, travail, amitié, trahison – faire avec, être avec... Et parce que Becker est un artiste (même quand on le prend pour un sociologue), ce passionné de jazz emprunte à la musique les lois qui fondent son univers : rythme, harmonie, composition. Sa science du montage annonce déjà, sans en avoir l’air, les audaces de Resnais.
En un mot, Becker est un découvreur du « savoir être » en société.
Cinq films seront étudiés :
– Falbalas (1944)
– Rendez-vous de juillet (1949)
– Casque d’or (1952)
– Touchez pas au grisbi (1954)
– Le trou (1960)
Une bibliographie sera donnée au début du cours.