Le cinéma d’Ernst Lubitsch : un art de filmer qui est un art de vivre
mercredi de 19 h à 21 h 45
du 14 janvier au 1er avril,
sauf les 18 et 25 février
Jean COLLET

D’une guerre à l’autre, du muet au parlant, de Berlin à Hollywood, l’œuvre cinématographique d’Ernst Lubitsch est placée sous le signe de la séduction.
Savoir plaire, c’est la motivation commune aux livres de ses films, à l’image de leur créateur dans sa relation au public. ce serait déjà une bonne raison de redécouvrir aujourd’hui une règle du jeu, éthique et esthétique, trop souvent ignorée, voire contestée. Car sous l’apparente frivolité de son univers, Lubitsch n’est pas seulement un brillant séducteur. Le bonheur qu’il nous offre dans chacun de ses films n’est pas illusoire. Aux antipodes du cinéma d’évasion, Lubitsch cultive un art de vivre qui serait une réponse à son art de filmer.
Au cœur de l’Amérique puritaine, ce grand civilisé incarne avec une confiance parfois teintée de mélancolie les valeurs de la vieille Europe. Contemporain de Freud, ce juif berlinois a su voir mieux que d’autres la pulsion de mort à l’œuvre, dans le communisme comme dans le nazisme. Mais il s’ingénie – et nous apprend – à être à l’aise dans la civilisation. Chacun de ses films invente et célèbre la culture de la vie.

Nous étudierons cinq films de Lubitsch :
– Le prince étudiant (muet, 1927)
– L’homme que j’ai tué (1932)
– Ninotchka (1939)
– Rendez-vous (la boutique au coin de la rue,1940)
– La folle ingénue (Cluny Brown,1946)

Une bibliographie sera donnée au début du cours.