La question de l’homme a pris au xxe siècle une acuité considérable. Phénomènes totalitaires, nouvelles connaissances scientifiques sur l’homme, progrès spectaculaire des techniques médicales, sont quelques-uns des symptômes d’une crise profonde à laquelle la théologie chrétienne ne peut rester indifférente. Comment peut-on dire aujourd’hui l’homme créé « à l’image de Dieu » ? La pertinence d’une telle anthropologie s’atteste dans la confrontation à ces graves enjeux.
Le cours consistera d’une part à relire la tradition théologique, depuis l’anthropologie biblique jusqu’aux grands auteurs du xxe siècle. On s’arrêtera particulièrement sur les moments où des options se prennent : Augustin, Thomas, Vatican II. On montrera qu’il n’y a pas une seule anthropologie chrétienne, mais des thèmes récurrents, qui permettent plutôt de parler d’une anthropologie de « vocation » (J. Moltmann).
D’autre part, c’est l’homme en « relation » qui sera surtout l’objet de notre réflexion. L’homme, image d’un Dieu Trinité, ne peut se concevoir en faisant abstraction de ce qui le relie aux autres hommes (rapport homme-femme, dimensions sociale et politique), à la nature (science, travail), à Dieu. C’est sur ce fond que seront reprises les grandes notions traditionnelles : grâce, péché, justification, salut. Elles seront croisées avec quelques notions anthropologiques centrales : vie et mort, liberté et destin, corps et âme. Cela montre à quel point il est sensé de « penser Dieu pour penser l’homme » (A. Gesché).