Le droit canonique des institutions de l’église n’est que la traduction d’une ecclésiologie, laquelle s’enracine dans vingt siècles d’histoire. Très tôt l’église s’est structurée pour répondre aux défis de l’évangélisation, et certaines étapes de cette évolution mériteront d’être soulignées, qui éclairent la situation actuelle.
à l’époque contemporaine, le Concile Vatican II a représenté un tournant en introduisant, dans la continuité, un aggiornamento bien nécessaire. La codification actuellement en vigueur tient compte de la nouvelle ecclésiologie de communion qui a redessiné les relations avec le Pontife romain comme au sein du collège des évêques. Au niveau du diocèse, de nouvelles formes de collaboration avec le presbyterium et les laïcs ont été mises en place. La paroisse elle-même connaît la possibilité de nouveaux modes de gestion.
Mais, depuis lors, l’église comme la société ont évolué et le Saint Siège vient tout récemment d’envisager la possibilité de réformer un code qui, en un quart de siècle, n’a été retouché qu’une fois. De fait, bien des questions se posent qui pourraient ouvrir de nouveaux chantiers, notamment la réforme de la Curie romaine, le processus de nomination des évêques, l’approfondissement de la synodalité, la réorganisation du système paroissial, la généralisation de la justice administrative. Voilà qui nécessitera d’abroger certaines normes dépassées, d’en modifier d’autres ou de les interpréter à la lumière du Magistère récent de l’église, enfin de combler certaines lacunes.