Le Concile Vatican II a situé les ministres ordonnés au sein du Peuple de Dieu. Il nous faut comprendre l’enjeu de ce que le même concile appelle la « structure hiérarchique de l’Église » : en quoi les ministres ordonnés permettent à l’Église de se référer à cet « archè » qui la fonde et structure ?
Le même concile a redonné valeur au ministère épiscopal et restauré le ministère diaconal. L’évocation historique de l’apparition de la trilogie « évêque, prêtre, diacre », celle de l’épopée du diaconat tout comme celle des diverses figures du ministère pastoral au cours des âges invitera à rechercher les éléments qui, depuis le Nouveau Testament, doivent être considérés comme constitutifs de « l’Église de Dieu » et donc précieux pour les dialogues œcuméniques.
Par ailleurs, et en fonction des contextes, les ministères se sont diversifiés de façon étonnante. Cette nouvelle donne change la figure héritée de l’Église et de ses ministres jusque là uniquement ordonnés et, de plus, concentrés dans la seule figure du prêtre. Il nous faudra donc utiliser les termes ministère(s), ministère(s) ordonné(s), institué(s) ou reconnu(s) de manière appropriée. Mais nous verrons aussi que ces termes, tout comme l’affirmation conciliaire de la vocation propre des laïcs, ne suffisent pas toujours à rendre compte de ce qui se passe, notamment lorsque des laïcs participent de cœur et de corps à la charge pastorale. Le diaconat permanent (pour des hommes mariés ou non) transforme de son côté le groupe des clercs et fait l’objet d’interprétations parfois contradictoires… Nous prendrons acte des débats en cours et de leurs enjeux.
L’attention aux ministères dans l’Église vise certes à promouvoir la communion ecclésiale en plaidant notamment pour de nouveaux types de partenariat, mais elle entend aussi et surtout promouvoir une Église servante, tout entière ministérielle en toute société et pour toute culture.